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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 17 novembre 2016
Membre de l’Institut Cooper, un organisme qui appuie la représentation proportionnelle, l’abbé Eddie Cormier est heureux du résultat du plébiscite.  «Pour moi, le message est clair.  Les gens veulent un changement, et ils ont opté pour la représentation proportionnelle», a indiqué le militant quelques jours après la tombée des résultats.  

Sur les cinq options soumises à l’examen des électeurs, c’est celle du système mixte avec compensation proportionnelle qui a eu la faveur, avec 52 % des votes exprimés.  Pour arriver à ce résultat, cependant, il a fallu procéder à un calcul sur quatre «tours éliminatoires», comme le veut le système préférentiel qui a été utilisé pour le vote.

Le plébiscite s’est tenu sur presque 10 jours, du 29 octobre au 7 novembre, et de nombreuses options ont été mises en place pour rendre le fait de voter le moins contraignant possible.  En plus de bureaux de scrutins dans chaque district pendant deux jours, les gens pouvaient voter en ligne ou par téléphone, pendant toute la durée du référendum.  En plus, tous les citoyens à partir de 16 ans pouvaient voter.  Malgré cela, le taux de votation s’est tenu à environ 36 %.  

«Je suis content du résultat, mais je suis déçu par la réaction du premier ministre Wade MacLauchlan, qui cherche des arguments pour ne pas respecter le choix des Prince-Édouardiens.  On dirait qu’il a été surpris, et qu’il ne sait pas quoi faire avec tout ça.  Pour moi, le message est clair.  Si le résultat avait appuyé le statu quo, personne ne chercherait à minimiser le résultat du plébiscite», a indiqué l’abbé Cormier.  

Dans son message diffusé en anglais le mardi 8 novembre, que nous avons obtenu en français seulement le 10 novembre en fin de journée, après l’avoir demandé, le premier ministre Wade MacLauchlan, a rappelé le faible taux de participation : «Nonobstant les mesures sans précédent qui ont été prises pour encourager la participation des électeurs et faciliter le vote, un peu moins de 36,5 % des électeurs inscrits ont exprimé leur opinion pendant les dix jours qu’a duré le plébiscite.  Par ailleurs, 63,5 % des électeurs inscrits n’ont pas participé», a-t-il indiqué, avant d’ajouter des arguments sur le seuil requis pour qu’un vote soit pris en considération.    

Le Comité spécial sur le renouvellement démocratique n’avait pas recommandé un seuil précis quant à la participation des électeurs, mais il était d’avis que le «résultat d’un plébiscite doit être examiné conjointement avec la participation des électeurs».  [Traduction].  M. MacLauchlan va jusqu’à citer un reportage de CBC au cours duquel le chef du Parti vert aurait dit que «50 % des électeurs devraient suffire à inciter le gouvernement à agir».

Le premier ministre a aussi écrit : «Outre le faible taux de participation de 36,5 %, il y a lieu de se demander si le plébiscite mené entre le 29 octobre et le 7 novembre a permis de dégager une majorité claire.  Les électeurs de l’Île-du-Prince-Édouard devaient classer, par ordre de préférence, cinq options de mode de scrutin; le système mixte avec compensation proportionnelle a récolté 52,42 % des suffrages au quatrième décompte.  Durant les trois premiers décomptes, le système uninominal majoritaire à un tour (système actuel) a obtenu le plus grand nombre de votes.  Au quatrième et dernier décompte, le soutien en faveur du système mixte avec compensation proportionnelle représentait 19 % des électeurs admissibles, soit moins de un sur cinq.  Pour paraphraser le Comité spécial sur le renouvellement démocratique, il est difficile d’affirmer que ces résultats reflètent clairement la volonté des Insulaires».

À Élections Île-du-Prince-Édouard, le directeur général des élections, Gary B. McLeod, ne comprend pas tout à fait pourquoi les gens n’ont pas voté en plus grand nombre.  «Nous avons mis en place un assortiment d’options, dont certaines n’avaient jamais été utilisées auparavant à l’Île.  Et nous allons tout évaluer de façon très rigoureuse», a-t-il dit, au lendemain du dévoilement des résultats.  

Élections Î.-P.-É. avait le mandat d’organiser le vote.  Elle avait aussi pour mandat d’éduquer le public, et de ce côté, on semble croire qu’il y a eu des ratés.  «Les concepts expliqués étaient complexes et le vocabulaire était aussi complexe», a confié le père Eddie Cormier.  Selon lui, bien des gens n’ont pas compris assez pour aller voter.  «La journée que je suis allé voter, j’ai deux personnes qui m’ont approché pour me demander de leur expliquer de quoi il était question.  Ils n’avaient pas compris», a indiqué l’abbé Cormier.  

D’un autre point de vue, le président de la Société Saint-Thomas-d’Aquin, Guy Labonté, a eu l’impression que l’information a été diffusée et que les gens qui voulaient se renseigner avaient ce qu’il leur fallait.  «En général, la volonté de changer les choses mobilise les gens et comme les gens n’ont passemblé se mobiliser sur cette question, ça peut indiquer qu’ils sont indifférents, ou que le système actuel fait leur affaire.  Personnellement, je pense que c’est inévitable qu’on ait un jour un système proportionnel.  On s’en va vers ça», a dit M. Labonté.  

Quant à savoir si un parti proportionnel serait plus à même d’assurer une représentation francophone à l’Assemblée législative, M. Labonté croit qu’aucune option n’offre de garantie.  Par contre, les systèmes proportionnels favorisent la création de partis associés à des causes précises, comme la francophonie.   Et si un tel parti obtenait assez de voix lorsd’élections, il y aura un député de la francophonie.  

L’Assemblée législative de l’Île a repris les travaux le mardi 15 novembre et le premier ministre MacLauchlan a assuré que les résultats du plébiscite seraient étudiés avec soin.  


Eddie Cormier et Wade MacLauchlan.  (Photo : Archives)



- Par Jacinthe Laforest

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