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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 8 novembre 2016


Pour la première fois depuis la création de la Causerie Symons sur l’état de la nation, assortie de la présentation d’une volumineuse médaille, le Centre des arts de la Confédération a fait une place au peuple acadien en portant son choix sur une de ses plus illustres représentantes, Antonine Maillet.  

Antonine Maillet a prononcé une conférence de quelque 60 minutes dans laquelle elle a fait cohabiter les deux langues officielles du Canada d’une manière harmonieuse et vivante, les mettant au service de son propos hautement littéraire, tout en restant très accessible et divertissant.  

«Antonine Maillet, c’est Antonine Maillet.  Elle était fantastique, une véritable inspiration», a indiqué David Pendergast, qui a été touché par les propos de la femme de lettre, et par sa façon de s’adresser aux gens.  

Par une heureuse coïncidence, la Causerie Symons a eu lieu durant la Semaine nationale de l’immigration francophone, au cours de laquelle on a souligné les succès de l’intégration francophone.  

La directrice de la Coopérative d’intégration francophone, Jacinthe Lemire, a assisté à la Causerie.  «C’est la première à laquelle j’assiste.  J’ai été agréablement surprise par la quantité de gens qui ont utilisé les écouteurs pour les services d’interprétation, mais j’ai aussi remarqué que de nombreux anglophones ne les ont pas utilisés, parce qu’ils étaient assez à l’aise en français pour tout comprendre.  J’ai trouvé cela intéressant», a indiqué Jacinthe Lemire. 

Le directeur général de la Société Saint-Thomas-d’Aquin, Aubrey Cormier, a pour sa part apprécié le fait que par Antonine Maillet, l’Acadie soit élevée à ce rang.   «En discutant avec des anglophones, après la Causerie, j’ai réalisé que Mme Maillet avait touché bien des gens de façon positive, avec ses propos ouverts sur une Acadie qui ne s’excuse pas d’exister», a insisté Aubrey Cormier.  

Antonine Maillet, Acadienne, femme et écrivaine, qui incarne, sans l’avoir cherché, assure-t-elle, «plusieurs différences, dans un pays au multiple visage : le Canada».  

Un pays jeune, pourtant situé sur une des plus anciennes terres de la planète, le Bouclier canadien.  Un pays qu’elle décrit comme un triangle, couronné par les régions nordiques et les 15 000 ans d’histoire des Inuits.  

Antonine Maillet, avec toutes ses connaissances, n’est pas une géographe, ni une avocate, ni une législatrice.  Elle ne peut donc pas décrire le pays dans les termes qu’emploieraient ces personnes. 

Mais qu’en est-il de l’artiste, et plus précisément de l’écrivaine, francophone, des Maritimes?  Que lui demande-t-on au juste?  En effet, le mandat était de taille: décrire l’Acadie, définir et défendre des idées et des concepts qui n’avaient pas encore été exprimés dans le cadre de cette Causerie prestigieuse, tout cela en restant fidèle à l’Acadienne, à la femme et à l’écrivaine, qui se partage le territoire qu’est Antonine Maillet.  

Le premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard, Wade MacLauchlan, lui-même amateur de littérature, qui avait pour rôle de présenter la conférencière, a pris grand plaisir à lire un extrait de Pélagie-la-Charrette, une œuvre publiée en 1979 et qui a reçu le prestigieux Prix Goncourt, de la littérature française.  

M. MacLauchlan se souvenait, d’ailleurs, avec beaucoup de plaisir que l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, dont il était le recteur en 2004, avait accordé un doctorat d’honneur à Mme Maillet, à l’occasion du 400e anniversaire de l’Acadie. 

Tout au long de sa conférence, Antonine Maillet est revenue souvent sur la trinité qui l’habite et dont elle est une dépositaire plus que consentante : femme; écrivaine et Acadienne.  Elle a associé cette «trinité» à celle des trois océans qui bordent le Canada, et qui le définissent, aussi sûrement que les trois identités d’Antonine Maillet la définissent, et font d’elle une personne pleine et entière, qui ne s’excuse pas d’exister ni de déranger un peu.  


Wayne Hambly, président du Groupe fiduciaire des édifices des Pères de la Confédération, a présenté la médaille Symons à Antonine Maillet.


Le premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard, Wade MacLauchlan, ainsi que le public en général, ont beaucoup apprécié les nuances qui sont sorties du gargoton d’Antonine Maillet.

- Par Jacinthe Laforest

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