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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 24 octobre 2016
Les Prince-Édouardiens seront invités de voter à partir du 29 octobre jusqu’au 7 novembre 2016 afin d’identifier le système électoral qu’ils veulent pour l’Île-du-Prince-Édouard.  Dans un processus appelé «plébiscite», qui signifie «consulter le peuple», les citoyens de 16 ans et plus seront invités à se prononcer sur cinq options, élaborées par le comité spécial sur la réforme démocratique, après une première tournée de consultations, l’automne et l’hiver dernier.  

Le système actuel appelé en français «Système uninominal majoritaire à un tour», mais qui, selon certains, devrait s’appeler «le premier qui passe le poteau» fait partie des cinq options. 

Des quatre autres options, deux sont «proportionnelles» et deux ne le sont pas.  

Options non proportionnelles

Il y a d’abord le «Système uninominal majoritaire à un tour avec compensation».  Il s’agit plus ou moins du même système que celui qu’on utilise depuis 150 ans, sauf que chaque parti qui collecte au moins 10 % des votes populaires serait représenté par son chef à l’Assemblée législative.  Si un tel système avait été en vigueur aux élections de mai 2015 à l’Île-du-Prince-Édouard, les quatre chefs auraient eu un siège «provincial» à l’Assemblée législative.  

Une différence majeure, toutefois, avec le statu quo, est que les chefs de partis ne se présenteraient dans aucun district et que les électeurs ne voteraient pas directement pour les chefs.  Une autre différence serait que le nombre de sièges à A.L. pourrait changer.  

L’autre système qui n’est pas proportionnel est plutôt préférentiel.  «Le mode de scrutin préférentiel» permettrait aux électeurs de numéroter les candidats en lice par ordre de préférence.  Les candidats les moins populaires seraient graduellement éliminés, et les seconds choix, redistribués, jusqu’à ce qu’un des candidats restants obtienne une majorité absolue de voix, c’est-à-dire 50 % +1.

Le mode de scrutin préférentiel est utilisé ailleurs dans le monde, notamment en Australie (où le vote est obligatoire en passant) et en République d’Irlande.  Selon la documentation d’Élections Î.-P.-É. ce mode de scrutin produit généralement des gouvernements majoritaires.  Cependant, dans cette même documentation, le rôle des partis politiques n’est pas très clairement expliqué.  

Options proportionnelles

Les deux options ayant une composante proportionnelle sont le «Système mixte binominal avec compensation proportionnelle» et le «Système mixte avec compensation proportionnelle».  

Le «Système mixte binominal avec compensation proportionnelle» qu’on pourrait aussi appeler «système de représentation proportionnelle à deux députés» a été pensé par l’universitaire albertain Sean Graham, qui est aussi l’ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick.  

Dans ce système, le nombre de circonscriptions serait réduit de moitié (14), mais chacune compterait deux élus.  Les électeurs feraient une seule croix et voteraient à la fois pour les candidats et pour le parti.  Le premier siège irait au candidat ayant eu le plus de votes, comme dans le système actuel.  Le second siège serait attribué au parti pour assurer que le nombre de sièges qu’il détient à l’Assemblée soit proportionnel au pourcentage des votes populaires.  Selon ce système, les circonscriptions seraient plus grandes et les citoyens seraient, en général, mais pas toujours, représentés par des députés de deux partis différents.  

Ce système n’est appliqué nulle part ailleurs.  Il constituerait donc une expérience intéressante.  

Finalement, le «Système mixte avec compensation proportionnelle» propose lui aussi un hybride entre le système actuel et le système proportionnel.  Selon cette formule, en se basant sur le nombre actuel de sièges (27) 18 députés (les deux tiers) seraient élus selon le système actuel, tandis que les autres seraient des députés de liste, dont les noms figureraient sur les bulletins de vote également.  Le vote pour le candidat de liste équivaut à un vote pour le parti, ce qui sert à calculer la composante proportionnelle.  Si nous comprenons bien ce système, il y aurait 18 circonscriptions, mais 27 députés à l’Assemblée législative.  

Comment participer au plébiscite

Du 29 octobre jusqu’au 7 novembre, il sera possible de voter par Internet ou même par téléphone.  Cependant, les personnes qui veulent se rendre dans un bureau de scrutin pour voter pourront le faire les 4 et 5 novembre.   Les bureaux de scrutin seront ouverts pendant deux jours dans toute la province (un seul bureau par circonscription).  Les Prince-Édouardiens pourront exprimer leur voix dans n’importe quel bureau de scrutin, peu importe où ils habitent. 

Les électeurs inscrits recevront une carte d’information de l’électeur (CIE) par la poste avant la tenue du plébiscite.  Ils devront avoir leur CIE avec eux pour voter.  Pour recevoir une CIE, il faut être sur la liste électorale d’Élections Î. P. É.  Si une personne a déménagé depuis les dernières élections provinciales, ses coordonnées ne sont peut-être pas à jour.

Pour voter en personne, il faut présenter une pièce d’identité.  Élections Î. P. É. s’engage à protéger l’intégrité du processus électoral; la demande d’une pièce d’identité permet d’assurer le respect du principe «un électeur, un vote». 

La pièce d’identité la plus simple à produire au bureau de scrutin est le permis de conduire ou carte d’identité volontaire de l’Île-du-Prince-Édouard.  Une personne qui n’a pas de permis de conduire devra prévoir deux pièces d’identité reconnues comme un certificat de naissance, une carte de donneur de la Société canadienne du sang, une carte de crédit, la carte Santé (Î.-P.-É.), la carte de bibliothèque ou une carte d’identité de la Sécurité de la vieillesse, parmi une liste d’une vingtaine de cartes.  

Pour s’inscrire il faut se rendre à Élections Î. P. É. à l’adresse suivante : voterregistration.electionspei.ca.  Vous pouvez aussi vous inscrire par téléphone au 1 888 234 VOTE (8683).  

- Par Marcia Enman et Jacinthe Laforest

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