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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 13 octobre 2016


Normand Richard, anciennement de Mont-Carmel, qui habite maintenant à Wellington, est celui qui a été choisi pour illustrer le travail de l’Institut canadien des aveugles à l’Île-du-Prince-Édouard dans les publications régionale et nationale de l’organisme.  

«Je savais que ça venait.  La femme du CNIB qui travaille avec moi m’avait demandé si j’accepterais de faire un témoignage pour l’organisme.  Un photographe est venu ici, a pris 75 ou 80 photos et me voici
dans ces magazines».

Évidemment, Normand Richard est fier d’être ainsi en vedette dans les rapports annuels de l’Institut national canadien pour les aveugles, l’INCA (CNIB en anglais), mais celui qui tire encore plus de fierté de cela,
c’est le père de Normand, Antoine Richard.  

«Si je suis encore en vie, après le départ de ma Denise, c’est parce que Normand a besoin de moi.  Il m’inspire aussi et me donne du courage.  Je connais des personnes qui n’ont pas la moitié des difficultés que Normand a et qui ne font pas la moitié de ce qu’il fait.  C’est une personne spéciale», a indiqué Antoine Richard, récemment, lorsqu’il est venu suggérer à La Voix acadienne de faire un article sur son fils.  

Normand est non-voyant.  À partir de l’âge de 9 ou 10 ans, ses nerfs optiques se sont dégradés.  Aujourd’hui, il ne voit pratiquement plus, mais il refuse de se dire aveugle.  «Je suis un non-voyant.  Pour moi, ça fait une grosse différence».

Comme ses yeux ne sont pas atteints, il doit parfois dire aux gens qu’il ne voit pas, pour qu’ils le sachent, et ce, même s’il utilise la canne blanche, de-puis plusieurs années.  

«C’est drôle à dire, mais il y a encore des gens qui ne savent pas reconnaître une canne blanche.  Cet été, lorsque j’accueillais les visiteurs à l’église de Mont-Carmel, il y en avait qui me demandaient si c’était une arme, ou un symbole religieux ou autre chose.  Je les informe, et ils apprécient ça, je pense».

Depuis de nombreuses années, Normand Richard accueille les visiteurs chaque jour, à l’église de Mont-Carmel.  En plus d’être une très belle église, elle est une des seules qui estsituée au bord de l’eau et également, une des seules églises que l’on peut visiter.  Presque toutes les églises sont maintenant fermées à clé en dehors des heures des services.  

«Cet été, on a compté 4 581 visiteurs.  C’est notre meilleure saison depuis 2013.  Les gens veulent connaître l’histoire, ils veulent entendre parler de la région, ils posent des questions.  J’en ai eu qui parlaient français, anglais, mais aussi bien d’autres langues.  On s’arrange comme on peut.  J’avais un jeune qui travaillait avec moi, Luc Gallant, le fils d’Odette et Denis, Odette qui est la présidente du comité de collecte de fonds pour les travaux à l’église», rappelle Normand, qui contribue à sa façon à cette collecte dont l’objectif est 200 000 $.  

Durant l’été, en effet, il a ajouté une petite phrase dans les informations qu’il donne aux visiteurs: la visite est gratuite, mais les dons sont très appréciés.  Le résultat n’a pas tardé.  Les dons faits par les visiteurs ont totalisé 5 896 $, presque le double des meilleures collectes estivales jusqu’à présent.  

«Pour moi, l’église de Mont-Carmel est importante.  Je veux qu’on la conserve.  Et puis, les gens apprécient aussi beaucoup le cimetière, grâce à tout le travail d’Aldine Richard et de son comité», soutient Normand Richard.  

Doté d’une excellente mémoire, Normand se consacre ces temps-ci à l’écriture d’un livre.  «C’est mon père, Antoine, qui m’a suggéré de faire ça et j’ai tout de suite accepté.  C’est Léonce Arsenault qui a accepté d’écrire le livre, avec toutes les informations que je peux lui trouver.  Ça va très bien.  Et les ventes du livre iront à la campagne pour l’église.  C’est ma façon d’aider», a indiqué Normand Richard.  

La sortie du livre est prévue au plus tard pour le printemps 2017.  

«Pour moi, Normand est un exemple pour la communauté.  J’ai beaucoup d’admiration pour lui», a indiqué Antoine Richard.  


La page couverture du rapport annuel de l’Institut national canadien pour les aveugles pour la région de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard est consacrée à Normand Richard.  Ce rapport est publié seulement en anglais.


La page 21 du rapport annuel national de l’INCA est consacrée à Normand Richard, dont on raconte l’histoire en quelques lignes.  

- Par Jacinthe Laforest

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