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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 27 septembre 2016
Le jeudi 22 septembre, les écoles ont ouvert leurs portes comme d’habitude, mais la veille, le mercredi 21 septembre, il en était tout autrement.  Une alerte à la bombe a déclenché l’évacuation massive de toutes les écoles de l’Île, incluant le Collège Acadie Î.-P.-É., le Holland College et le campus de l’Université de l’Î.-P.-É.  L’évacuation des six écoles de la Commission scolaire de langue française a aussi signifié l’évacuation de six centres de la petite enfance, incluant des bambins en couche, et du personnel de six centres communautaires.  De plus, comme le siège social du Collège Acadie, à Wellington, est situé dans un édifice qui abrite un grand nombre d’organismes publics et communautaires, l’évacuation a touché là aussi beaucoup de monde.  

À 18 h, le jeudi 22 septembre, nous avons pu rejoindre Anne Bernard-Bourgeois, directrice de la CSLF, qui est revenue sur le déroulement de la journée.   

«Je n’étais pas à l’Île ce matin-là.  Lorsque la GRC a téléphoné à notre bureau, j’étais en conversation avec Paul Cyr.  Nous avons tout de suite établi la communication en téléconférence avec la GRC.  C’est là qu’on a appris la menace que six bombes auraient été placées dans six écoles, mais on ne savait pas dans quelles écoles.  Nous avons tout de suite rassemblé les gens du bureau et réparti les tâches.  Nous avons seulement six écoles donc, le contact a été rapidement établi», a raconté Anne Bernard-Bourgeois.  

Bien des gens n’ont pas totalement compris le pourquoi du comment de l’évacuation.  «Dans ces situations, notre protocole, notre première obligation envers les personnes qui sont dans nos édifices, c’est de les mettre le plus rapidement possible en sécurité, dans un endroit que chaque école avait identifié dans son propre plan d’urgence.  Après que tout le monde soit en sécurité, nous avons pu commencer à communiquer avec les parents, et à organiser le transport de retour à la maison.  Et pour un plan qui n’avait jamais été testé de façon concrète, tout a bien fonctionné.  Évidemment, nous allons revenir sur le déroulement de la journée et faire une évaluation en profondeur.  Nous devons tenir compte du fait que la plupart des élèves ont commencé à publier sur les médias sociaux et à envoyer des messages à leurs parents, avant même de savoir ce qui se passait.  Ça aurait pu déclencher de la panique.  Il faut dire que la situation a été exceptionnelle.  En même temps que nous nous occupions de nos gens, nous étions en contact avec la GRC et les forces policières, avec le ministère de l’Éducation et avec la Direction des écoles publiques.  Nous avions besoin d’harmoniser nos interventions et de tenir tout ce monde sur la même page».

On estime que vers l’heure du midi, tous les élèves étaient de retour chez eux ou en chemin pour y arriver.  Donc, le tout s’est déroulé en moins de deux heures.  

Cependant, une telle situation laisse des traces.  Le ministère de l’Éducation, du Préscolaire et de la Culture, dans son message annonçant la réouverture des écoles, avait affirmé avoir prévu que du personnel qualifié pourrait intervenir si des élèves ou des membres du personnel semblaient ébranlés.  La disponibilité de personnel qualifié francophone étant limitée, les écoles de la CSLF n’ont pas pu ajouter ces ressources ponctuelles.  

«Nous avons demandé aux membres du personnel d’être attentifs aux élèves qui pourraient se conduire différemment, montrer des signes d’inconfort ou de nervosité et de leur parler directement pour les rassurer.  Nous ne voulions pas faire une grosse intervention qui aurait pu, au contraire, faire naître la peur ou la nervosité chez les élèves qui n’en ressentaient même pas.  Notre personnel est là pour écouter les élèves qui en avaient besoin à leur retour à l’école», a expliqué Anne Bernard-Bourgeois.  

L’évaluation des plans d’évacuation se poursuivra au cours des prochains jours, et des mises à niveau seront peut-être nécessaires.  

- Par Jacinthe Laforest

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