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Le 10 août 2016


La pêche aux homards, dans la zone de pêche aux homards 25 de l’Î.-P.-É., a débuté le 9 août, officiellement. Les pêcheurs des quais d’Abram-Village et de Cap-Egmont préparaient leur matériel, en vue de la journée d’ouverture de la pêche commerciale, durant la semaine qui a précédé le début de la pê-che, leur gagne-pain principal. 

«Les premiers jours sont les plus rentables.  Nous préparons notre équipement, les trappes, les embarcations, etc. pour pouvoir débuter le 9 août», a expliqué Paul Arsenault, pêcheur depuis plus de 30 ans. 

Le métier de pêcheur commercial est bien connu pour être un métier physique, et surtout très exigeant. «Nous partons normalement vers les 5 heures du matin, puis nous ne revenons pas avant 18 h ou 19 h le soir.  Ce sont des journées remplies, très fatigantes» a mentionné Jean-Paul Arsenault, pêcheur depuis plus de cinquante ans dans la région, natif de Saint-Chrysostome.

Lorsqu’on leur demande, les pêcheurs ont de la difficulté à prévoir si la pêche sera bonne cette saison.  Certains pêcheurs du quai d’Abram-Village ont dans l’idée que la saison sera en effet concluante. «Les nageurs trouvent constamment des homards sur la côte, près de la rive, une chose jamais vue auparavant.  Cela nous laisse croire qu’ils seront nombreux», expliquait Paul Gallant, qui est secrétaire du Conseil d’administration de l’Association des pêcheurs du Comté de Prince, en vue du 9 août.Pour Jean-Paul Arsenault, le «boom» que subit la pêche aux homards depuis 2012 laisse croire à une bonne rentabilité encore cette année.  «Malheureusement pour nous, la pêche a connu un creux depuis l’année 1990 jusqu’en 2012.  Depuis 2012, les saisons sont fructueuses.  La zone 25 connaît un essor, contrairement à autrefois», expliquait le pêcheur expérimenté, qui a récemment acquis une toute nouvelle embarcation.

En plus de jongler avec le prix hors de leurs contrôles de leur produit, les routines des pêcheurs des régions d’Abram-Village et de Cap-Egmont ont connu quelques modifications récentes. 

D’abord, le changement de propriétaire de La Coopérative des pêcheurs l’Acadienne a soulevé quelques questions, notamment à savoir si les pêcheurs vendraient leur produit à la nouvelle compagnie acquéreur de leur usine, l’Acadian Supreme Inc.

La nouvelle avait fait des mécontentements, notamment par rapport à la redistribution des profits du commerce, désormais à intérêts privés.

Pour la plupart, malgré la vente finalisée à la fin du mois de janvier, les pêcheurs vendront tout de même leur produit à l’usine.  

Les pêcheurs d’Abram-Village, Jean-Paul Arsenault, Paul Arsenault et Norman Arsenault, vendront tout de même à Acadian Supreme Inc. pour encou-rager l’employabilité à l’usine.  

«C’est important d’assurer la survie de l’usine, qui emploie énormément de gens de notre communauté.  Pour moi, ce n’est pas une question», expliquait Jean-Paul Arsenault.

Cette année également, le ministère des Pêches et Océans a pris une décision par rapport à la taille minimale du homard qui peut être légalement pêché.  La longueur minimale de la carapace du homard pêché dans la zone 25 est de 72 mm.  La hausse progressive proposée par le gouvernement la fera passer graduellement à 77 mm d’ici 2018.

Le changement vise la conservation du crustacé, «permettant à un plus grand nombre de femelles de se reproduire», mais a été sujet à débat pendant longtemps de la part des pêcheurs maritimes, vu l’importante demande pour les homards de petite taille. Selon Paul Gallant, il s’agit d’une perte considérable.  «Nous aurions préféré une augmentation de 1 mm par année, puisqu’on perd de 8 à 10 % de homards à cause de l’augmentation de la taille».

À ce propos, les pêcheurs de la zone 25 disent «faire avec».  Pour sa part, Jean Arsenault dit «avoir ses mesures, et respecter l’exigence».  


Paul Arsenault, pêcheur acadien du quai d’Abram-Village,  fait ce métier depuis plus de trente années.  La semaine dernière, il se préparait pour l’ouverture de la pêche aux homards.


De gauche à droite, Scott Gallant, Alphonse Richard et Robert Gallant.

- Par Érica Cloutier

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