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Le 26 juillet 2016

Jean-Guy Bourguignon, directeur commercial national, et François Hallé, liaison médicale et scientifique nationale chez «Marijuana pour Trauma».


Le centre d’aide aux vétérans «Marijuana pour Trauma» a officiellement ouvert ses portes le mercredi 20 juillet, à Charlottetown sur la rue Université.  Un concept imaginé et mis sur pied par Fabian Henry et Mike Southwell, en 2013, co-fondateurs de l’organisation. 

Qu’est-ce que «Marijuana pour Trauma»?

«Marijuana pour Trauma» (MTP) est une organisation qui offre des services de soutien, de thérapie et un système d’entraide et de solidarité pour les vétérans qui souffrent de stress post-traumatique.  Dans le futur, l’organisation aimerait offrir plus de services et permettre aux malades d’avoir accès aux services de psychologues, travailleurs sociaux et kinésithérapeutes.  «Nous souhaitons que la MPT devienne un modèle standard de qualité des services», explique Jean-Guy Bourguignon, directeur commercial national. 

Fabian Henry, vétéran et co-fondateur de la MPT raconte qu’après avoir servi pour les Forces canadiennes pendant 10 ans, il a souffert de stress post-traumatique.  Il s’est d’abord tourné vers la médecine généraliste et a terminé par s’auto-médicamenter à hauteur de dix comprimés par jour et a dépensé plus de 37 000 $ en marijuana récréative. 

C’est comme cela qu’a commencé «Marijuana pour Trauma», avec un vrai désir d’aider les vétérans pour qui, comme lui, la médecine généraliste n’a pas fonctionné.  Il ajoute «il y a trois étapes pour traiter les symptômes.  Dans un premier temps, l’utilisation de marijuana thérapeutique, puis la réhabilitation (entraide, thérapie cognitivo-comportementale) et enfin, un suivi holistique (méditation, retraite, horticulture, etc.)».

Il est important cependant de bien faire la différence entre le cannabis récréatif et le cannabis à fin médicale «la marijuana médicale ne donne pas les mêmes effets que la marijuana qu’on trouve dans la rue.  Elle soulage simplement la douleur, qu’elle soit physique ou mentale», termine Fabian. 

François Hallé, liaison médicale et scientifique nationale chez «Marijuana pour Trauma» a aussi servi pour les Forces canadiennes.  «62 soldats canadiens revenant de la guerre en Afghanistan se sont suicidés à leur retour.  La marijuana médicinale permet une amélioration dramatique des symptômes et de la qualité de vie de plusieurs de nos patients.  Les recherches sur les cannabinoïdes nous ont permis d’établir leur potentiel d’activité sur différents récepteurs», explique le docteur.  Il y a en effet, différents types de cannabis pour différents types de souffrance.  «La marijuana médicinale n’est pas comparable au cannabis récréatif», affirme-t-il avec conviction.  «C’est important que le public soit éduqué sur le sujet et qu’il puisse comprendre la différence.»

L’événement n’aurait pas eu le même impact sans la présence de Jim Grant, le vétéran le plus âgé du programme.  «J’ai 79 ans, j’ai servi pour les Forces canadiennes et souffrais de douleurs insoutenables.  J’étais très athlétique auparavant, et après avoir servi pour le Canada, je n’étais plus capable de rien.  La marijuana médicale m’a rendu la vie.  Aujourd’hui, j’évaluerai ma douleur à 3/10.  Mais avant la MPT, j’aurai évalué cette douleur à plus de 10 sans exagération.  Je dors mieux, j’ai retrouvé ma mobilité.  C’est vraiment un programme incroyable.  Je suis vraiment reconnaissant de tout ce qu’ils ont fait pour moi», poursuit le capitaine, avec un sourire qui en dit long.

Pour en savoir plus sur l’organisation ou si vous avez besoin d’aide, rendez-vous sur le site bilingue de la MPT à l’adresse suivante : www.mftgroup.ca.   
Fabian Henry, co-fondateurs de «Marijuana pour Trauma».

- Par Deb O’Hanley

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