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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 21 juillet 2016

Jeannette Arsenault et Brian Francis sont les deux représentants de l’Île-du-Prince-Édouard au Comité consultatif indépendant sur les nominations au Sénat.  En date du dimanche 17 juillet, aucune candidature de l’Île n’avait été enregistrée.  (Photos : Archives)

Les personnes qui ont toujours voulu siéger au Sénat et contribuer ainsi au bon fonctionnement du gouvernement du Canada peuvent soumettre leur candidature directement par l’entremise d’un site Web lancé spécialement pour cet usage.  

Présentement, 19 postes de sénateurs sont à combler dans sept provinces dont un à l’Île-du-Prince-Édouard et un poste additionnel se libèrera en août.

Le 7 juillet, le gouvernement du Canada a lancé un processus indépendant de nomination des sénateurs.  Ce processus offre maintenant à tous les Canadiens la possibilité de poser leur candidature.  

La période de quatre semaines pendant laquelle les candidatures seront acceptées commence dès maintenant et prendra fin le 4 août 2016 au www.canada.ca/nominations-au-senat.

Toutes les candidatures reçues seront alors étudiées par le Comité consultatif indépendant sur les nominations au Sénat (CCINS).  Deux personnes de l’Île-du-Prince-Édouard ont été nommées pour faire partie de ce comité, dont Brian Francis et Jeannette Arsenault, cette dernière connue comme la cofondatrice de Cavendish Figurines.  

«J’ai eu la confirmation que je faisais partie du comité quelques jours seulement avant l’annonce du fédéral.  J’ai répondu à un long questionnaire, et ils ont vérifié tous mes antécédents  J’imagine qu’ils ont fait la même chose avec tous les membres car nous allons avoir accès à de l’information très personnelle sur les candidats», a indiqué Jeannette Arsenault, le jeudi 14 juillet, alors qu’elle était sur le point de partir pour Ottawa où elle devait assister la toute première réunion officielle de ce comité prestigieux.  

Jeannette Arsenault est d’avis que le Sénat a son utilité.  Cependant, elle croit aussi que le Sénat a besoin de changements profonds. 

Selon le site Web qui indique les principaux critères que les candidats potentiels doivent rencontrer, on découvre que la valeur nette des propriétés mobilières et immobilières que la personne doit posséder dans la province pour laquelle elle est nommée doit être de 4 000 $ (au moins).  

Dans l’étude des candidatures, le Comité consultatif tiendra compte de l’objectif d’atteindre l’équilibre entre les sexes au Sénat.  La priorité sera accordée aux personnes qui représentent les peuples autochtones et les communautés linguistiques, minoritaires et culturelles, et ce, afin d’assurer la représentation de ces groupes au Sénat, conformément au rôle du Sénat quant à la représentation des minorités.

Les candidats devront démontrer au comité consultatif qu’ils sont en mesure d’apporter des points de vue et de contribuer aux travaux du Sénat de façon indépendante et non partisane.  Ils devront également divulguer dans leur demande tout engagement politique et activités connexes.  Les activités politiques passées n’engendreront pas la disqualification d’un candidat.

«Pour notre part, à la Société Saint-Thomas-d’Aquin, nous voulons encourager nos Acadiens qui seraient intéressés à ce poste de se faire connaître.  Nous avons un poste de libre au Sénat et il y a longtemps que nous n’avons pas eu de sénateurs issu de la communauté acadienne», a indiqué Guy Labonté, président de l’organisme porte-parole de la collectivité acadienne et francophone de l’Île.  

M. Labonté a des opinions personnelles mitigées sur l’utilité du Sénat et il croit qu’à plus ou moins long terme, le Sénat devrait disparaître.  Cependant, d’autres croient à l’utilité du Sénat.  «Si une personne croit que cette institution ajoute une valeur au processus d’adoption des lois et une pensée plus approfondie sur les enjeux de notre société, alors, elle pourrait mettre sa candidature.  Personnellement, je connais plusieurs personnes qui, selon moi, feraient un bon travail, mais je ne sais pas si ces personnes sont intéressées», a mentionné Guy Labonté.  

Dans le passé, à quelques reprises, la Société Saint-Thomas-d’Aquin a lancé des campagnes de lobbying auprès du fédéral pour obtenir qu’un Acadien soit nommé sénateur.  On se souvient de la fameuse réplique du fédéral suggérant à mot couvert que les candidats acadiens n’auraient pas eu le calibre souhaité.  

À juste titre, la communauté acadienne et francophone avait été outrée de cette affirmation.  

Au cours des récentes années, le Sénat a perdu de son lustre et des candidats du calibre souhaité par certains premiers ministres ont fait l’objet de poursuites pour fraude, incluant Mike Duffy, de l’Île-du-Prince-Édouard.  Le Sénat est surtout vu comme un club sélect pour récompenser des personnes en vue de leur partisannerie politique.  

C’est dans un effort pour redonner de la noblesse au Sénat que le gouvernement fédéral a mis sur pied ce nouveau processus de nomination.  

Pour chaque siège à combler, le comité présentera un maximum de cinq recommandations au premier ministre qui fera le choix final.   

- Par Jacinthe Laforest

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