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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 9 juin 2016

De gauche à droite, par ordre d’apparition, Melissa Arsenault, animatrice de la réunion, Nathalie Malo, présidente d’Action Femmes Î.-P.-É., Nathalie Coupet, employée d’Action Femmes Î.-P.-É., Anne-Sophie Farion, responsable des communications et de l’appui des projets à la Fédération des parents de l’Î.-P.-É., Jane Ledwell, directrice générale du Conseil consultatif sur la situation de la femme de l’Î.-P.-É., Denise Bourdon, retraitée, membre d’Action femmes et Dottie Daly, coordonnatrice d’accueil et d’établissement des immigrants francophones pour la Coopérative d’intégration francophone.

Un groupe de discussion organisé par la Coalition pour les femmes en politique à l’Île-du-Prince-Édouard s’est réuni, au Carrefour de l’Isle-Saint-Jean, le 24 mai, pour essayer de comprendre, échanger et trouver des solutions à la sous-représentation des femmes en politique. 

La Coalition pour les femmes en politique à l’Î.-P.-É. a été fondée en 2004.  L’organisme anglophone a tenu à consulter la communauté francophone et a confié à Melissa Arsenault le soin d’animer la discussion et de collecter des avis qui seront «utilisés pour déterminer un plan d’action». 

Des représentantes provenant d’organismes et de commissions variés ont donc eu le plaisir de partager avec passion leurs avis, expériences et idées au sujet de la très faible représentation des femmes au gouvernement dans l’optique de trouver une solution à un phénomène qui dure depuis trop longtemps. 

Selon le groupe de discussion, plusieurs facteurs négatifs y contribuent : les facteurs sociaux et culturels, ainsi que des facteurs psychologiques.  En effet, «le manque de leadership féminin dans le milieu de l’éducation a une influence négative indirecte sur les jeunes filles», explique Anne Bernard-Bourgeois, directrice générale de la Commission scolaire de la langue française de l’Î.-P.-É. 

Il semblerait que les femmes d’aujourd’hui n’aient pas eu de modèles, et d’encouragements nécessaires pour changer la tradition.  «Ma mère était au foyer», a indiqué une participante.  Une autre a confirmé : «Ma mère n’aurait pas su m’introduire au monde du leadership». 

Le manque de temps et la maternité sont également des freins à la prise de pouvoir.  Nathalie Coupet, membre d’Action Femmes Î.-P.-É., exprime son point de vue en affirmant que «les femmes avancent moins vite.  Elles doivent se mettre entre parenthèses pour s’occuper de leur bébé et de la maison.  Il faut se réaffirmer.  Pendant ce temps, les hommes continuent à avancer.» 

Anne-Sophie Farion, responsable des communications pour la Fédération des parents de l’Î.-P.-É., constate de son côté «qu’en tant que femme, on est toujours obligée d’en faire plus, c’est un combat constant».

Le monde de la politique et la psychologie féminine

La sensibilité des femmes et le monde parfois cruel de la politique sont un autre obstacle à la présence des femmes dans le milieu.  Selon Anne Bernard-Bourgeois, contrairement aux hommes qui sont critiqués pour leur décision, les femmes sont souvent victimes d’attaques personnelles ou superficielles.  Un manque d’estime de soi, une culture d’homme et une discrimination évidente ne devraient pourtant pas empêcher les femmes de montrer de quoi elles sont capables. 

Le changement est possible et il commence à l’école

Selon Shannon Kemp, enseignante, «en tant qu’éducateur, il faut être un modèle, parler avec les élèves sans être condescendant et encourager la discussion en posant des questions.  De cette manière, ils réagissent positivement».

Nathalie Malo, présidente d’Actions Femmes Î.-P.-É. et Nathalie Coupet s’accordent à dire qu’il faut plus de ressources et d’aides pour les femmes.  «Il y a beaucoup plus de femmes au pouvoir au Luxembourg.  Cela s’explique par un système de garderie efficace qui se trouve directement sur le lieu de travail», compare Nathalie Coupet.

Pour encourager le changement, Dottie Daly suggère de se battre contre les stéréotypes dans les médias et la société en général. 

Après une discussion enthousiaste et productive, le groupe s’est entendu sur le fait qu’un milieu politique équitablement représenté promouvrait une «atmosphère plus respectueuse», «une meilleure éducation», «des solutions et des perspectives différentes», «un changement positif» et «une prospérité» évidente. 

«On ne naît pas leader, on le devient.  Il faut sensibiliser les femmes à l’importance d’avoir confiance en soi, de prendre des risques et d’y aller!», a résumé Anne Bernard-Bourgeois.  

- Deb O’Hanley

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