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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 10 février 2016

Le ministre de la Santé et du Mieux-être, Robert Henderson, dévoile la nouvelle carte santé bilingue de l’Île-du-Prince-Édouard. Avec lui se trouve Stephen DesRoches, l’auteur de la photographie sur la carte qui illustre la très belle côte de Darnley.  Tous les Prince-Édouardiens recevront une nouvelle carte quand leur carte orange expirera.  (Photo : Gracieuseté)


Depuis le début du mois de février, une nouvelle carte santé est distribuée à l’Île-du-Prince-Édouard.  Tous les Prince-Édouardiens qui doivent remplacer leur carte santé expirée recevront une toute nouvelle carte bilingue par la poste. 

Selon Robert Henderson, ministre de la Santé et du Mieux-être, la carte santé orange de l’Île-du-Prince-Édouard n’avait subi aucune mise à jour importante depuis sa création en 1995. 

«En plus d’être bilingue, la nouvelle carte santé peut communiquer plus d’information, ce qui aidera le patient, et le fournisseur de soins de santé.  Le design soigné de la nouvelle carte présente la magnifique côte de Darnley, prise en photo par Stephen DesRoches, de l’Île-du-Prince-Édouard».

Pour le moment, tous les citoyens de l’Île dont la carte est périmée recevront une carte santé bilingue uniforme.  «La carte bilingue, c’est une composante d’une approche plus grande de planification des services en français.  Et sur cette question, surtout avec la langue de préférence qui sera affichée sur la carte, nous faisons des jaloux au Canada», a indiqué Élise Arsenault.

La grande nouveauté de cette carte, c’est qu’elle tiendra compte de la langue maternelle du client.  «La langue de préférence du client sera indiquée sur le devant de la carte.  Nous ne savons pas encore exactement à partir de quand ni où exactement sur la carte, l’information sera indiquée, mais ça s’en vient», a indiqué Élise Arsenault, directrice du Réseau Santé en français (RSF).  

La langue de préférence identifiée par le client ne se limite pas au français et à l’anglais.  Il sera possible d’indiquer d’autres langues comme l’arabe, ou l’espagnol et le mandarin, pour n’en nommer que quelques-unes.  

Vers la fin de l’année 2015, Santé Î.-P.-É. a fait circuler un sondage que tous les citoyens étaient invités à remplir.  Ce sondage est lié de près à la production de la nouvelle carte.  Il inclut notamment trois questions sur la langue du client.  

«Les gens qui n’ont pas rempli ce sondage peuvent encore le faire, et en plus, ce même questionnaire devra être rempli par ceux qui demandent leur première carte ou qui veulent la renouveler.  À plus ou moins long terme, le fait que le profil linguistique est intégré à la carte permettra, par exemple, de savoir où les francophones de régions données préfèrent être soignés, s’ils ont tendance à aller aux urgences ou dans une clinique sans rendez-vous.  «Pour Santé Î.-P.-É, ces informations seront utiles pour mieux planifier l’offre de service en français», indique la directrice du RSF.   

Pour mettre en œuvre cette nouvelle carte santé bilingue associée au profil linguistique du client, Santé Î.-P.-É. a demandé et obtenu des fonds de Santé Canada.  «Le financement d’appui à la mise en œuvre durera jusqu’en 2017 et après cela, la production de la carte sera intégrée dans les dépenses normales de la province», soutient Élise Arsenault.

La phase de transition à la nouvelle carte bilingue prendra environ cinq ans.  Pendant un certain temps, quatre cartes différentes seront en circulation : il y aura la nouvelle carte bilingue, la nouvelle carte bilingue avec le profil linguistique, la carte orange unilingue anglophone, et la carte orange unilingue francophone.  

Car il ne faut pas oublier qu’une cinquantaine de cartes unilingues françaises ont été émises, durant une certaine période, après que David Le Gallant, de Mont-Carmel, ait réussi à obtenir sa carte en français.  D’ailleurs, l’arrivée d’une carte bilingue ne lui plait pas du tout.  «C’est un subterfuge pour nous faire disparaître dans la masse, une autre façon de nier notre existence de francophone.  Nous ne sommes pas des bilingues, nous sommes des francophones», dit-il.  

Pour lui, l’idée que tous les anglophones unilingues deviennent «bilingues» par leur carte santé n’est pas une contrepartie acceptable.  

«Le profil langagier de notre province est en train d’évoluer grâce à la promotion des deux langues officielles du Canada et à une augmentation constante de l’immigration», a souligné Mark Kickham, gestionnaire du service de l’assurance-maladie de Santé Î.-P.-É. 

Selon lui, l’ajout de la langue de préférence sur la carte permettra au personnel de mieux servir les citoyens dont la langue maternelle n’est pas l’anglais et d’assurer que tous les patients obtiennent l’information nécessaire de façon claire et équitable.

«Le Réseau Santé en français Î.-P.-É. tient à féliciter Santé Î.-P.-É. pour l’introduction d’une carte-santé bilingue qui identifie la langue de préférence du client.  Grâce à ce projet, le premier de ce genre au Canada, Santé Î.-P.-É. sera mieux outillé pour capter les besoins réels de la population et leur l’état de santé, ce qui aidera à la planification des services de santé pour la population francophone insulaire», a indiqué la coprésidente communautaire du Réseau Santé en français, Johanne Irwin.

Les Insulaires doivent présenter leur carte santé pour avoir accès à divers services de santé publique, y compris les soins d’un médecin, les services hospitaliers, les tests médicaux, les soins de longue durée, les soins à domicile, les services de santé mentale et de toxicomanie et les programmes provinciaux de médicaments. Les pharmaciens communautaires demandent également la carte santé afin d’inscrire les médicaments sur ordonnance dans le système d’information sur les médicaments de l’Île-du-Prince-Édouard. 

L’ancienne carte santé orange devrait être éliminée progressivement sur cinq ans au fur et à mesure que les cartes existantes expirent. Les organisations gouvernementales et non gouvernementales et Santé Î.-P.-É. continueront d’accepter la carte santé orange jusqu’à la fin de sa période de validité.

On peut se renseigner davantage sur la carte santé de l’Î.-P.-É. en visitant www.healthpei.ca/healthcard.  

- Par Jacinthe Laforest

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