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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 5 mars 2014

Une grande dame, une ambassadrice de l’Acadie, une étoile des plus brillantes, une amie, un ange... nous quittent. Une femme de grande gentillesse, sensible, généreuse et très attachée à sa communauté : Chacun y va de son souvenir, de son anecdote.  

Les images, les sons passent à toute vitesse du passé au présent, et nous n’arrivons pas à accepter ce qui est, malheureusement, une triste réalité : plus jamais nous ne te verrons en spectacle avec ton magnifique sourire et ta bonne humeur...

Angèle Arsenault est décédée des suites d’un cancer à l’Hôpital Laurentien de Ste-Agathe-des-Monts au Québec le mardi 25 février à l’âge de 70 ans.

Le lendemain de son décès, au Centre Belle-Alliance, plus particulièrement à l’École-sur-Mer, on entendait les petites voix des élèves interpréter la chanson qu’Angèle avait composée avec eux il y a quelques années, dans le cadre d’un projet GénieArts, et qui est devenue la chanson thème de cette école. 

La huitième d’une famille de quatorze enfants, Angèle est née le 1er octobre 1943 et est diplômée de l’école Évangéline située dans son village natal d’Abram-Village.  

Son papa Arthur était violoneux tandis que sa maman Joséphine jouait du piano (parmi toutes les autres choses qu’elle faisait).  Angèle a grandi en chantant, puisque la musique était le moyen de communication de la famille.  Chacun jouait un instrument de musique et chantait dans les veillées.  À 14 ans, Angèle a gagné un premier concours de chant à Charlottetown.  

Après avoir obtenu son baccalauréat de l’Université de Moncton en 1965 et une maîtrise ès arts de l’Université Laval à Québec en 1968, elle est revenue à l’Île pour enseigner un an.  C’est aussi là
qu’elle a entrepris sa carrière sur scène. 

Voici un survol de ses accomplissements et des honneurs qu’elle a reçus lors de son passage parmi nous.

En 1975, elle a enregistré son premier microsillon, «Première».  L’année suivante, elle a réalisé un disque en anglais : «Angèle Arsenault».  Mais le succès arrive en 1977 avec son album «Libre», qui la rend célèbre.  L’album sur lequel on retrouve les chansons qui marquent son style se vend à 300 000 exemplaires (trois fois platine).  Partout, ses chansons «Moi j’mange», «De temps en temps, moi j’ai les bleus», «Je veux toute la vivre ma vie» jouent et rejouent.  Angèle se hisse alors à la tête des palmarès.  

Elle reçoit le trophée Félix en 1979 et fait la Place des Arts à guichets fermés.

Aussi en 1979, elle enregistre un quatrième album «Y’a une étoile pour vous».  L’année suivante, elle a triomphé au Festival de Spa en Belgique et est retournée en studio pour son cinquième album, «Chanter dans le soleil».  Après avoir refait la Place des Arts, la salle de spectacle la plus prestigieuse de Montréal à l’époque, elle est partie en tournée dans tout le Canada.  

En 1982, elle a enregistré un autre microsillon, «Paniquez pas pour rien».  Puis, elle a pris une pause du disque et de la scène pour se consacrer à d’autres projets personnels et professionnels.  Elle a marrainé des projets d’aide aux femmes en difficulté, elle a animé des émissions, elle a fait une tournée avec Viola Léger, elle a monté un spectacle hommage à Madame Bolduc, elle a participé à l’écriture du souper-théâtre «La Cuisine à Mémé», pour en nommer quelques-uns. 

Puis, en 1994, elle a fait un retour sur disque, avec un CD de chansons originales, intitulé «Transparente».  Cet album a révélé toute la maturité de l’artiste, avec des compositions très profondes telles que Vous m’aurez pas, Dieu en a assez, Grand-Pré et Papa Arthur, tout en offrant d’autres chansons farfelues telles que: Envoyez-moi un homme et La danse des obèses. La chanson Grand-Pré a fait sa marque cette même année à l’occasion du Congrès Mondial Acadien.

En 1996, Angèle est revenue vivre à l’Île-du-Prince-Édouard pour se rapprocher de sa famille et renouer avec ses racines.  Elle a également écrit et produit avec Sylvie Toupin la pièce de théâtre «Pour le meilleur et pour le pire», une pièce de théâtre qui traite de la violence faite aux femmes. 

En 1997, Angèle a reçu l’Ordre de la Pléiade de l’Association des parlementaires de langue française, en reconnaissance de son travail pour la promotion de la langue et de la culture françaises.  Elle a été faite membre honoraire de l’Association canadienne des éducateurs de langue française.

En 1998, elle a reçu une subvention du Conseil des Arts du Canada pour une tournée de 40 spectacles dans l’ouest canadien.  Elle a continué d’écrire de nouvelles chansons.

En 1999, l’artiste a reçu un doctorat honorifique de l’Université de l’Î.-P.-É.  En octobre de la même année, elle a lancé le CD «Amour».

En novembre 2000, Angèle Arsenault a été nommée Femme de l’année par l’Association internationale Zonta.  Le prix a été remis par le Club Zonta de Charlottetown, Î.-P.-É.

En 2001, Angèle a participé avec des membres de sa famille à l’émission «Un air de famille» enregistrée à Régina, Saskatchewan.  Pendant cette année-là, elle a reçu le Prix Étoile en hommage à sa carrière de l’Association des radios communautaires acadiennes. 

Son tour devait venir un jour et on le savait bien. Le 21 février 2003, Angèle Arsenault reçoit l’Ordre du Canada (officier), remis par la gouverneure générale de l’époque, Adrienne Clarkson, à Ottawa.  «C’est tout simplement la plus belle journée de ma vie! J’ai l’impression que c’est le couronnement de 30 ans de carrière» a-t-elle dit de cet honneur.

En 2004, lors des Célébrations des 400 ans de l’Acadie, Angèle a participé à plusieurs activités sur la scène de l’Acadie, du Québec, de l’Ontario et même en France. Cette année est elle a reçu un prix «Les classiques» de la Socan pour sa chanson «Moi j’mange».

En 2005, Angèle Arsenault reçoit le plus haut honneur de la province, il s’agit de l’Ordre de l’Île-du-Prince-Édouard.  Elle est décrite comme une ambassadrice de l’Île.  De petite fille d’Abram-Village, elle a lancé une carrière d’auteure-compositrice-interprète qui l’a menée au sommet des palmarès francophones du pays.  

Ses chansons ont enseigné, ont expliqué, ont dénoncé.  Angèle a été capable de dire les choses au moment où elles avaient besoin d’être dites et d’être entendues.  

En 2008, elle a reçu le Prix hommage au Gala des Prix Éloizes, dans les Maritimes.  Angèle a été émue de recevoir le prix et a ajouté en riant que «c’est aussi en 2008 que le fédéral va m’envoyer mon premier chèque de pension de vieillesse.»  

L’auteure-compositrice-interprète Angèle Arsenault s’est vue décerner la Médaille Léger-Comeau pour sa contribution à l’avancement de la cause acadienne. La Société nationale de l’Acadie (SNA) lui a remis cet honneur lors de la Journée nationale de commémoration du Grand Dérangement, le 28 juillet 2008 à Miscouche, à l’Î.-P.-É. 

En 2010, elle a reçu le Prix hommage au Gala de la PEI Music Association pour l’ensemble de sa carrière. Aussi elle est nommée membre de la Compagnie des Cents associés Francophones. 

Angèle Arsenault était régulièrement invitée dans des festivals au Canada et en France.  En mai 2013, elle a participé au spectacle «Le retour de nos idoles» avec Michel Fugain et Jean-Pierre Ferland, au Capitole de Québec.

Angèle Arsenault a probablement accompli une de ses dernières fonctions quand elle a réalisé l’adaptation française de la chanson thème du 150e anniversaire de la Conférence de Charlottetown, intitulée «Île au trésor», tandis que la version anglaise se nomme «Forever Strong». 

Encore sous le choc de la triste nouvelle du départ de notre ambassadrice, on salue Angèle Arsenault pour son inspiration au peuple acadien de l’Île-du-Prince-Édouard et partout en Acadie.  Tu nous laisses plein d’étoiles dans tes chansons qui vivront pour toujours. Merci pour ce beau cadeau.


Prix Hommage - Gala de l'Asssociation de la musique de l'Î.-P.-É.

L'Ordre du Canada en 2003.


Membre de la Compagnie des Cent-Associés francophones.


L'Ordre de l'Î.-P.-É.


En 2013 à Saint-Aubin-sur-Mer.



- Par Marcia Enman -

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