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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 16 décembre 2015


La cérémonie du Jour du Souvenir acadien s’est déroulée le dimanche 13 décembre en présence d’une foule record.  «C’était un dimanche et les gens se sont sentis appelés à venir se recueillir», ont insisté les organisateurs, satisfaits de la foule présente. 

Même si l’appel aux familles lancé par le président de la Société Saint-Thomas-d'Aquin, Guy Labonté, n’a pas trouvé beaucoup d’échos, les jeunes étaient très bien représentés par trois élèves de l’École-sur-Mer, Katelyn Singer, Chloé Arsenault et Paul Sullivan, qui ont chanté quelques chansons dont le fameux «Grand-Pré» d’Angèle Arsenault.  Les jeunes comédiens ont aussi incarné des personnages revenus du 18e siècle pour témoigner de leur misère durant la Déportation. 

La cérémonie du Jour du Souvenir se tient chaque année depuis 2008, et le rituel n’a pratiquement pas changé en huit ans.  Dès le début, les organisateurs ont inclus des témoignages de déportés, des discours, le cortège vers le monument, le dépôt de la couronne du souvenir, les chants et d’autres détails qui contribuent à créer une ambiance de recueillement, mais aussi d’admiration pour ceux qui ont traversé les misères de la Déportation.   

Le président, depuis juin dernier, de la Société Nationale de l’Acadie, René Cormier, assistait pour la première fois à cette cérémonie et il avoue avoir été très touché.  «J’ai trouvé tout le rituel très touchant et très bien pensé.  Les comédiens qui livrent des témoignages ajoutent beaucoup, de même que l’apport des jeunes.  Cela actualise les raisons pour lesquelles nous nous souvenons en cette journée, à l’Île-du-Prince-Édouard».

Le Jour du Souvenir acadien est seulement observé à l’Île-du-Prince-Édouard et René Cormier ne s’est pas engagé à promouvoir l’observance de la cérémonie ailleurs en Acadie. 

«Dans plusieurs régions, la commémoration de la Déportation s’observe le 28 juillet, date à laquelle l’ordre de déporter les Acadiens aurait été donné.  C’est une journée qui est reconnue par le gouvernement du Canada.  Nous, à la SNA, chaque année, on enjoint les paroisses à faire sonner les cloches des églises à 17 h 55, et dans plusieurs régions, on se réunit autour du monument de l’Odyssée acadienne pour une cérémonie dont le rituel est différent du vôtre, mais qui a la même valeur», a indiqué le président de la SNA en entretien après la cérémonie de Port-la-Joye.

Ce n’était pas par hasard que René Cormier était à Port-la-Joye.  Le conseil d’administration de l’organisme pan atlantique terminait une rencontre de trois jours, à Charlottetown.   Les délégués de deux organismes de chaque province acadienne ont assisté au rituel insulaire et seront à même d’en faire écho de retour chez eux. 

Parmi les invités ayant adressé la parole aux gens, le chef Brian Francis, de la première nation Mi’kmaq Abegweit, s’est démarqué.  Faisant référence aux Acadiens qui se sont retrouvés pris dans des conflits qu’ils ne souhaitaient pas et qu’ils ne comprenaient pas pleinement, il a rappelé qu’encore de nos jours, il y a des gens sur la terre qui se trouvent mêlés dans des conflits qu’ils ne souhaitent pas et qu’ils ne comprennent pas.  Selon lui, accueillir ces gens et leur donner une chance est une façon de rendre hommage aux ancêtres Acadiens et Mi’kmaq qui ont mis de côté leurs différences de langue et de culture pour s’entraider. 

Le maître de cérémonie pour la cérémonie entière, Georges Arsenault, n’a pas manqué de faire le lien entre cette affirmation du chef Francis et l’arrivée prochaine de réfugiés Syriens.  «Vous savez, les Acadiens déportés ont été eux aussi des réfugiés dans d’autres pays», a-t-il ajouté. 

Le chef Brian Francis, de la première nation Mi’kmaq Abegweit.

Trois élèves de l’École-sur-Mer, Katelyn Singer, Chloé Arsenault et Paul Sullivan, qui ont chanté quelques chansons dont le fameux «Grand-Pré» d’Angèle Arsenault.

- Par Jacinthe Laforest

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