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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 2 décembre 2015

Guy Labonté, président de la SSTA, Sonny Gallant, député d’Évangéline-Miscouche, Sélina Pellerin, membre du Comité consultatif de la communauté acadienne et francophone, et Wade MacLauchlan, premier ministre de l’Î.-P.-É.

Le ministre responsable des Affaires acadiennes et francophones, le premier ministre Wade MacLauchlan, a déposé en Chambre, le jeudi 26 novembre, le second rapport annuel de l’application de la Loi sur les services en français, et le premier qui couvrait un cycle complet d’application de la Loi, du 1er avril 2014 au 31 mars 2015.  

«C’est normal que le rapport soit dévoilé à l’automne, même si la période à laquelle il se rapporte est finie depuis longtemps.  Selon la Loi, le rapport doit être déposé durant une session et la session du printemps ne nous laisse pas assez de temps pour tout préparer», a indiqué Diane Arsenault, directrice du Secrétariat des affaires acadiennes et francophones, quelques minutes après le dépôt de ce second rapport.  

On se souviendra que le premier rapport couvrait la période allant du 13 décembre 2013 au 31 mars 2014 (un seul trimestre).  Il avait été déposé presque en cachette, sans même que l’agent aux plaintes, Jean-Paul Arsenault, ne soit avisé.  Ce second rapport a été déposé avec plus de transparence, en présence de plusieurs membres de la communauté et du président de la Société Saint-Thomas-d’Aquin, Guy Labonté.  

La SSTA exprime un optimisme prudent

Guy Labonté a accueilli ce rapport comme un témoin potentiel de l’évolution des services en français dans la province.  Il avoue qu’il aurait aimé un rapport plus détaillé, justement pour qu’il puisse servir d’outil de comparaison et de mesure des progrès.  

«C’est encourageant de voir dans le rapport une liste des priorités identifiées par la communauté acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard.  J’aurais cependant aimé voir plus de détails dans cette section, comme des initiatives spécifiques avec des échéanciers à court, moyen et long terme pour répondre à ces besoins prioritaires de la communauté acadienne et francophone en matière de services en français».

Le rapport marque tout de même, selon lui, une avancée encourageante.  «Nous souhaitons qu’il permette de rappeler aux ministères et organismes gouvernementaux leurs responsabilités quant à l’application de la Loi sur les services en français et même d’augmenter les services en français offerts au grand public», a ajouté Guy Labonté.

Les prioritésde la communauté

En vertu de la Loi, très peu de services sont désignés bilingues, car la Loi est basée sur la capacité du gouvernement à rencontrer les priorités de la communauté.  

Pour l’année en cours, c’est-à-dire 2015-2016, les priorités de la communauté, en santé, sont les programmes dentaires pour les enfants, la promotion des services déjà offerts, l’évaluation des compétences linguistiques des professionnels de la santé, de la signalisation bilingue dans les hôpitaux, le service 811, l’Île s’engage, et quelques autres.  

En petite enfance, des services pour les enfants autistes ont été identifiés comme prioritaires.  En sécurité publique, le service 911, l’Organisation des mesures d’urgence, la communication avec le public et le bureau du commissaire aux incendies.  Dans la catégorie «Autres», on mentionne le Musée acadien, sans aucun autre détail.  Cependant, l’an dernier, le fait que le Musée n’était pas désigné bilingue (donc non protégé par la Loi) était apparu comme une anomalie à corriger rapidement. 

La Société Saint-Thomas-d’Aquin continuera de travailler en étroite collaboration avec le Secrétariat aux affaires acadiennes et francophone afin d’améliorer la qualité et la quantité de services gouvernementaux offerts en français aux Insulaires, surtout dans les services jugés prioritaires.

Vingt ministères et agences sont assujettis à la Loi sur les Services en français et ces institutions doivent chaque année, avant le 31 mars, présenter leurs plans respectifs en matière de service en français pour l’année financière suivante.  À la fin de ladite année, ces mêmes institutions présentent le rapport de leurs progrès respectifs.    

Vingt ministères etagences contribuent au rapport

Le rapport annuel inclut donc un résumé des actions de chacun des ministères et agences touchés par la Loi.  

Prenons par exemple la Commission de la fonction publique.  Elle a continué d’offrir le programme de formation linguistique en français et les évaluations de compétence orales en français aux employés du gouvernement provincial.  Pour la première fois depuis plusieurs années, cependant, des cours plus avancés des catégories de cours «intermédiaires» et «avancés» ont été offerts, à la demande des employés-apprenants.  

En collaboration avec le Collège Acadie, les minimums requis pour la tenue de classes ont été abaissés et les employés les plus avancés ont pu progresser davantage.  Selon le rapport, «cette initiative contribuera grandement à appuyer les employés qui veulent atteindre un niveau de compétence orale suffisamment élevé pour pouvoir offrir des services en français».

La communication reste le service désigné bilingue qui touche le plus grand nombre, et tous les ministères et agences concernés par la Loi doivent offrir leurs communications en français, et répondre en français à des correspondances reçues en français.  Ce dernier point a d’ailleurs fait l’objet d’une plainte qui a été réglée.  Le ministère a reconnu son erreur et a fourni à la partie plaignante la version française de la réponse.  

Deux autres plaintes ont été jugées non recevables.  Une, dont nous avions parlé l’an dernier, concernait la carte-santé en français et l’autre plainte concernait un panneau de signalisation du ministère du Tourisme et de la Culture, qui ne sont pas des services désignés.  

- Par Jacinthe Laforest

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