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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 1er décembre 2015
Le gouvernement provincial a annoncé le mercredi 25 novembre son intention d’accueillir une centaine de familles de réfugiés, pour un total estimé très conservateur de 250 personnes.  «Cent personnes vont arriver d’ici la fin de l’année 2015 et les 150 autres vont arriver après les fêtes», a précisé Jacinthe Lemire, directrice générale de la Coopérative d’intégration francophone (CIF), qui suit le dossier de près.  

Pour mener à bien ce projet provincial et pour conseiller le ministre Richard Brown, le gouvernement a mis sur pied un comité consultatif ministériel dont la CIF fait partie.  «Le gouvernement a agi très vite. Le comité a été formé le vendredi 20 novembre et j’ai été invitée à en faire partie.  Nous nous sommes rencontrés le lundi 23 novembre et nous allons nous rencontrer chaque lundi matin pour rester sur notre trajectoire», dit Jacinthe Lemire, très heureuse que la CIF soit autour de la table, au même titre que tous les autres acteurs dans le dossier.  

Relevant du ministre de la Main-d’œuvre et des Études supérieures, Richard Brown, le groupe sera coprésidé par la sous-ministre du même ministère, Sharon Cameron, et le directeur général de l’Association des nouveaux arrivants au Canada de l’Î.-P.-É., Craig Mackie.

«La province et ses partenaires sont prêts à faire tout leur possible pour appuyer l’installation des réfugiés qui ont été déplacés par la situation en Syrie», a déclaré Richard Brown, fier que sa province fasse partie de cet effort humanitaire national pour aider les gens qui ont dû quitter leur foyer et leur pays.  «Je n’ai aucun doute que les Insulaires mettront toute leur générosité à l’œuvre pour accueillir les réfugiés syriens à l’Île-du-Prince-Édouard», a ajouté le ministre.  

Avant et après les fêtes 

D’ici la fin de la période des fêtes 2015, 100 réfugiés devraient franchir les tourniquets de la province.  Ces premiers réfugiés seront ceux qui font l’objet de parrainage privés.  Ceux qui seront parrainés par le gouvernement arriveront après Noël.  

«C’est fait comme cela, car pour la plupart des parrainages par des groupes de service, des familles et des regroupement religieux, les démarches sont déjà commencées et les réfugiés ont déjà été identifiés.  Il suffit d’accélérer un peu le processus.  Lorsque ces gens arriveront à l’Île, ils seront pris en charge par leurs parrains respectifs.  Ils n’auront pas droit aux mêmes services de réétablissement que les réfugiés qui sont parrainés par les gouvernements et dont l’arrivée est prévue pour le début de l’année 2016», a indiqué Jacinthe Lemire.

Bien qu’officiellement, ces premiers réfugiés soient pris en charge par leurs parrains, la CIF et les autres partenaires ne refuseront aucune aide, surtout si la rumeur voulant que certains réfugiés s’expriment en français se confirme.  

«C’est évident que nous aimerions que ceux qui s’intéressent au français le fassent savoir.  Mais en raison de questions de respect de la vie privée, je n’ai pas le droit de communiquer directement avec un réfugié dont on m’a dit qu’il parlait français.  Tout ce que je peux faire, c’est m’assurer qu’ils aient l’information et que leurs parrains respectifs soient conscients de l’importance de leur offrir toutes les options.  Le fait qu’on soit autour de la table du comité consultatif nous aide grandement à passer notre message.  En plus, un autre membre de notre conseil, Zain Esseghaïer, fait partie du comité comme représentant de la société musulmane de l’Île», a indiqué Jacinthe Lemire.  

Comme tout le monde, Jacinthe Lemire s’interrogeait sur la capacité du Canada à accueillir, si vite, ce très grand nombre de personnes qui dépendront de la société canadienne dans leurs premiers mois de vie ici.  

«J’avoue que la sécurité m’inquiétait, je ne savais pas trop comment ça allait fonctionner, mais j’ai compris finalement que les gens qui s’occupent des dossiers des réfugiés sur le terrain savent ce qu’ils font et qu’ils n’ont pas plus envie que moi qu’il y ait des problèmes plus tard».

Jacinthe Lemire insiste aussi sur le fait que les personnes qui vont arriver ici sont dans des camps de réfugiés au Liban, en Jordanie et un peu en Turquie, depuis des mois sinon des années.  Ce sont des personnes qui ont fui les hostilités et qui veulent vivre en paix et en sécurité.  

- Par Jacinthe Laforest

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