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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 25 novembre 2015
Ann Wheatley du Food Security Network attire l’attention sur l’importance de l’eau dans la production de la nourriture.


Le gouvernement provincial a entrepris de consulter la population sur les enjeux à considérer dans l’élaboration d’une nouvelle loi sur les ressources en eau de la province.  

Le 17 novembre, à Wellington, plusieurs groupes ont fait des présentations, incluant le réseau provincial pour la sécurité alimentaire (Food Security Network) représenté par Ann Wheatley.  

L’eau est essentielle à la production et à la transformation d’aliments de bonne qualité et en quantité suffisante pour nourrir les gens.  La qualité de notre eau dépend de la qualité de nos écosystèmes.  Les abus que nous faisons subir à nos forêts,  nos zones humides, à nos terres agricoles et nos terres en général affectent la qualité de notre eau.  

«Sans eau, il n’y a pas de nourriture.  C’est pourquoi nous demandons une loi qui s’étendra sur quatre domaines : la communauté, la responsabilité environnementale et la production durable d’aliments, une chaîne d’approvisionnement en nourriture qui valorise tous les maillons et le partage et l’acquisition des connaissances et des compétences», a indiqué Ann Wheatley.  

La porte-parole est particulièrement préoccupée par les coûts cachés de la production industrielle des aliments.  «Nous sous-estimons grandement le coût de production des pommes de terre par exemple.  Nous devrions tenir compte des dommages que nous causons au sol, à l’eau et à la terre et de la pollution engendrée par la production et le transport de cette nourriture.»

Le Food Security Network croit aussi qu’il serait avantageux de créer un système de gouvernance basé sur l’interdépendance avec un bassin versant ou un système hydrographique précis.  Ainsi créées, les nouvelles «municipalités» prendraient soin de leur bassin versant tout en se développant.  

Le Food Security Network se préoccupe aussi d’enjeux internationaux, qui peuvent avoir un impact local, incluant les négociations entourant le Partenariat transpacifique (pays qui bordent l’océan Pacifique) et l’Accord économique et commercial global (avec l’Europe).  

«Certaines mesures prévues dans ces accords peuvent empêcher le gouvernement de l’Île d’adopter des lois et des politiques pour le bien de ses citoyens et de l’environnement.  Par exemple, sous l’ALENA (accord de libre-échange nord-américain) des multinationales ont poursuivi le Canada parce que le moratoire sur l’exploitation du gaz de schiste au Québec nuisait à leurs projets d’expansion.  Nul doute que ce genre de poursuites sera plus fréquent si ces accords voient le jour», a dit Ann Wheatley dans son rapport.  

Le programme de mission latino-américaine du diocèse de Charlottetown, LAMP, a lui aussi fait une présentation.  L’abbé Eddie Cormier et son collègue Jerry Ronahan ont établi un parallèle entre la République dominicaine et l’Île-du-Prince-Édouard, en attirant l’attention sur le fait que dans les deux cas, le contrôle exercé par les grandes corporations est trop important.  

«LAMP invite le comité à prendre au sérieux l’expérience des gens du Sud.  Nous sommes à un moment où les gens ordinaires veulent qu’on agisse devant la menace du réchauffement planétaire, des changements climatiques et de l’exploitation du gaz de schiste.  Les gens exigent une approche plus écologique dans tous les aspects de la vie.  Les gens du Nord et du Sud s’expriment davantage et sont plus conscients que jamais de leur responsabilité face à l’environnement», a indiqué l’abbé Eddie Cormier.  

Lorsque le micro a été ouvert au public, plusieurs personnes en ont profité pour rappeler à quel point l’eau est importante.  Anne Gallant a mentionné qu’elle était préoccupée par les phénomènes selon lesquels on utilise de l’eau pour transformer des aliments bons au départ, en aliments poubelles, comme ce qu’Irving fait avec les patates.


L’abbé Eddie Cormier (à droite) et son collègue Jerry Ronahan ont fait une présentation au nom de LAMP.


Jean-Paul Arsenault a animé la consultation bilingue qui a eu lieu à Wellington.  On le voit en compagnie du président du Comité consultatif Richard Davies et du vice-président Dean Stewart.

- Par Jacinthe Laforest  

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