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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 24 novembre 2015

Lors de l’assemblée annuelle du Carrefour de l’Isle-Saint-Jean, de gauche à droite, Renée Paquette, adjointe administrative, Jérémie Arsenault, vice-président, Corrado Micalef, président, Edmond Richard, président de la réunion, Donald Arsenault, directeur général par interim, et Robert Cormier, membre du conseil.


Les membres du Carrefour de l’Isle-Saint-Jean qui étaient réunis en assemblée annuelle le 18 novembre dernier ont eu toute une surprise.  Ils ont appris que leur centre de la petite enfance, l’Île enchantée, qu’ils croyaient déficitaire depuis des années, faisait en réalité un profit.  

C’est Michelle Arsenault, la directrice du Service Finance Î.-P.-É., qui a expliqué la situation déroutante aux membres présents : le fait qu’un montant «arbitraire» était transféré chaque semaine de la garderie à la cafétéria pour couvrir le «coût» des repas et des collations.  

Durant l’année 2014-2015 qui, rappelons-le, est terminée depuis un bon moment, cette somme «arbitraire» était de 78 204 $ pour l’année au complet.  

«Lorsque nous avons pris en main la comptabilité du Carrefour, en avril 2015, nous avons questionné cette pratique auprès des comptables.  Nous ne pouvions pas comprendre ce montant car c’était toujours la même somme qui était transférée chaque semaine, peu importe le nombre d’enfants et de repas servis.  Et de plus, nous avons aussi réalisé que les comptables faisaient cela automatiquement, à l’insu des membres et des dirigeants du Carrefour, sans même que ce soit mentionné dans le rapport financier.  C’est pourquoi nous avons insisté, auprès des vérificateurs, pour que le montant soit dévoilé dans le rapport 2014-2015», a expliqué Michelle Arsenault.  

Donc, selon le rapport financier 2014-2015 tel qu’il a été présenté, la garderie a fait un profit de 67 237 $.  De cette somme, on a déduit les quelque 78 000 $ pour un déficit de presque 11 000 $.  

De son côté, la cafétéria a fait un déficit de 84 831 $, qui, une fois transférée la somme de 78 000 $, s’est transformé en déficit de plus de 6 500 $.  

Pour avoir une idée de la situation réelle, il ne suffit pas «d’oublier» les 78 000 $, car les repas et les collations doivent tout de même être payés.  «Lorsque nous avons compris ce qui se passait, nous avons tout de suite entrepris, avec la pleine collaboration du Carrefour, une analyse des coûts des repas et nous avons déterminé que 4 $ pour les repas et 1 $ pour les collations étaient justes, plutôt que les 8 $ de l’ancien système.  Et nous avons aussi mis au point un système pour compter les repas servis, qui tient compte des absences, des journées pédagogiques et de toutes les autres variantes, pour que la garderie paie à la cafétéria seulement ce qu’elle lui doit», a ajouté Michelle Arsenault, à ses explications.  

Parmi les membres présents à la réunion, il y avait le président du comité des parents de l’Île enchantée, Shawn Gallant.  «Vous savez cela depuis plusieurs mois et nous, les membres du comité de parents, nous apprenons cela seulement ce soir, en pleine réunion annuelle?  Vous n’avez pas pensé que cela pouvait avoir un impact sur nos décisions concernant notre centre de la petite enfance?»

Visiblement, Shawn Gallant n’était pas le seul à ouvrir les yeux.  D’autres parents ont étésidérés par ce manque de communication, d’autant plus que les parents avaient d’autres préoccupations quant à la façon dont le Carrefour gère le CPE.  Une des décisions qui n’a pas plu aux parents a été celle de réduire à trois le nombre de place en pouponnière, pour «économiser de l’argent», présume-t-on.    

La gestion du CPE par le Carrefour suscite une controverse

À cette affirmation, le président, Corrado Micalef, qui est resté silencieux durant presque toute la réunion, a pris la parole.  «Ce n’était pas pour sauver de l’argent.  Il y avait d’autres facteurs à considérer.  Nous manquons d’éducatrices et nous avions des listes d’attente pour des enfants de 3 et 4 ans.  Plutôt que d’avoir une éducatrice pour trois bébés, nous lui avons assigné une catégorie d’âge où le ratio nous a permis d’accepter plus d’enfants», a expliqué Corrado Micalef.  

Le recrutement des éducatrices est aussi un grand défi.  De plusieurs façons, les membres ont laissé entendre que le Carrefour ne faisait pas assez d’efforts de recrutement.  Le CPE a un permis d’exploitation pour 50 enfants, incluant six en pouponnière, et au moment de l’assemblée annuelle, il n’y avait que 32 enfants, alors qu’il y a des listes d’attente.  

Plusieurs membres ont fait valoir que le CPE était considéré comme la porte d’entrée dans la grande famille du Carrefour et de l’école François-Buote.  «Si nous n’accueillons pas mieux nos francophones et nos ayants droit, ils iront du côté anglais», a insisté Alex Robert.  

La réunion a commencé à 18 h 30 et a pris fin seulement vers 22 h 30, deux heures de plus que prévu.  Ceux qui sont restés jusqu’à la fin ont assisté à une situation étrange au moment des élections.  Après un premier tour, les quatre candidats ayant reçu le plus de votes ont été élus.  Or, le président Corrado Micalef ne faisait pas partie de ces quatre personnes.  Plutôt que de laisser son nom pour le second tour, il l’a retiré, et l’élection s’est poursuivie entre les deux candidats restants.    

Vérification coûteuse

Depuis l’année financière 2013-2014, le Carrefour de l’Isle-Saint-Jean est obligé de faire une vérification.  En 2013-2014, la facture était de 18 000 $ et pour l’année 2014-2015, elle était de 16 000 $.  Ce sont de grosses sommes que les membres ont remises en question et Michelle Arsenault, du Service Finance, aurait souhaité que les dirigeants du Carrefour soient plus transparents dans les informations qu’ils ont données aux membres.  «La première année, la vérification avait véritablement coûté autour de 25 000 $, mais la firme BDO avait décidé de facturer seulement 18 000 la première année et d’ajouter la somme restant à la facture de l’année suivante.  Pour l’année 2015-2016 et les années suivantes, le coût de la vérification devrait se situer autour de 8 000 $.  Et cette information n’a pas été donnée aux membres» a-t-elle confié à La Voix acadienne au lendemain de la réunion.  

Pour ce qui est de la direction générale, occupée de façon intérimaire par Donald Arsenault, les membres tiennent à ce que le poste soit doté d’ici les fêtes de fin d’année.  

- Par Jacinthe Laforest

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