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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 4 novembre 2015

Jordan Brown et Paula Biggar interrogent Guy Labonté lors de sa présentation au comité spécial.

Le 28 octobre dernier, la Société Saint-Thomas-d’Aquin s’est présentée devant le comité d’étude sur le renouvellement démocratique mis sur pied par le gouvernement provincial.  

Dans sa présentation, la SSTA, par la voix de son président, Guy Labonté, a rappelé les grands principes dont il faudrait tenir compte dans tout projet de réforme électorale.  

«Nous réitérons la position que nous avons clairement évoquée à plusieurs reprises : peu importe les modifications apportées (ou non) au système électoral de l’Île-du-Prince-Édouard, il faut respecter deux principes politiques canadiens fondamentaux qui ont force de loi depuis 1998 et 1991, respectivement :

1- la protection de la minorité linguistique et 

2- le vote effectif de la minorité linguistique».

Pour la SSTA, cela signifie qu’il faut maintenir la circonscription Évangéline-Miscouche, où le vote acadien et francophone est concentré.  «Mais notre communauté, qui se répartit sur l’ensemble de l’Île, serait ouverte à des mécanismes plus favorables», a précisé M. Labonté.  

Interrogée sur ses préférences pour un système ou un autre, la SSTA a préféré ne pas se prononcer, en réitérant que leur but n’était pas de faire une recommandation, mais de s’assurer que les chances de représentation des francophones soient maintenues et même augmentées, peu importe le système.  

Selon les employés de l’Assemblée législative qui appuient les travaux du comité, aucun système n’offre de véritable garantie, pas même le système proportionnel.  «Cela dépend avant tout des candidats qui se présentent, et de leur volonté de respecter les deux langues officielles.  Selon nos recherches, certains systèmes semblent avantager les minorités, mais comme je le redis, il n’y a pas de garanties», a expliqué Ryan Reddin, qui parle très bien français.  Son collègue, Joey Jefferey, confirme lui aussi qu’aucun système n’offre de garanties.  

Joey et Ryan, de même qu’Emily Doiron, sont bilingues et travaillent pour l’Assemblée législative.  Alors que Joey Jefferey a fait ses études au Carrefour du Grand-Havre en Nouvelle-Écosse, les deux autres sont issues du système d’immersion.  Emily Doiron, sans surprise, est la nièce de René Doiron de Rustico.  «Je sais, il y a un air de famille qui ne trompe pas», a-t-elle dit, en réponse à la question directe.  

La présence de trois employés bilingues à l’Assemblée législative n’est pas un hasard.  «C’est le greffier, Charles MacKay, qui a fait des efforts pour recruter des gens ayant une capacité dans les deux langues officielles, a indiqué Joey Jefferey.  

Évidemment, cette certaine ouverture est intéressante dans un contexte où une refonte du système électoral est envisagée, mais elle n’est pas reliée aux présents efforts.  

Le président du comité législatif, Jordan Brown, député de Charlottetown-Brighton, a expliqué que d’ici les prochaines élections, le gouvernement avait l’obligation de revoir la répartition des électeurs dans les circonscriptions, pour assurer que tous les citoyens de l’Île soient représentés de façon équitable à l’Assemblée législative.  Or, la tendance à migrer vers les villes et les centres urbains peut occasionner des déséquilibres.  

«Nos lois nous obligent à revoir nos limites électorales toutes les trois élections.  Et c’est dans ce contexte que le premier ministre nous a demandé de collecter des informations auprès du public sur une éventuelle réforme électorale.  Certains délais ont été avancés pour nos travaux, mais rien n’est coulé dans le béton», a-t-il assuré, en réponse aux critiques voulant que le gouvernement soit trop pressé d’agir.  

- Par Jacinthe Laforest 

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