Le quai de Cap-Egmont a un urgent besoin de réparations
Jacinthe Laforest
Vers le début du mois de mai, chaque année, le hareng vient pondre ses œufs sur le bord des côtes de l’Île. C’est la saison idéale pour le pêcher. Le hareng constitue la base de l’appât que les pêcheurs utilisent dans les cages à homard.
Le mardi 6 mai, en soirée, le quai des pêcheurs de Cap-Egmont abritait bien plus de bateaux que d’habitude. Il y en avait des autres ports de l’ouest de l’Île, et ils étaient tous là pour pêcher le hareng.
Robert Gallant, qui est pêcheur, est aussi le président de l’autorité portuaire locale. «On aurait bien plus de bateaux que cela ici si on était capable de réparer notre port. On n’a pas d’argent et les gouvernements ne nous aident pas.»
Robert Gallant n’a pas besoin de chercher longtemps pour montrer les signes de décrépitudes, les dommages que l’hiver fait chaque année aux installations, et qui s’ajoutent aux dommages de l’année précédente.
Mais ce que Robert Gallant déplore, c’est surtout qu’année après année, le chenal pour entrer et sortir de l’enceinte du port rapetisse. «Un peu plus tôt aujourd’hui, trois bateaux sont restés pris. On ne peut pas accueillir des bateaux pour la pêche s’ils ne peuvent pas entrer et sortir quand ils le veulent. À marée basse, on ne peut plus passer», dit le président.
L’autorité portuaire, constituée de bénévoles, demande chaque année des fonds et de l’aide pour élargir le chenal. «Ils viennent avec la grue, pour creuser, mais sa portée est trop courte. Elle ne peut pas aller assez loin car elle travaille à partir de la terre. Ce qu’il nous faut, c’est la barge à siphon. Elle peut se rendre où il faut pour siphonner l’eau et la terre, et aller les rejeter plus loin où cela ne nuit pas. Mais on n’a pas les fonds et le gouvernement ne nous entend pas.»
Les gens qui vont de temps en temps au quai de Cap-Egmont peuvent observer le banc de sable qui s’est accumulé à l’intérieur du brise-lame et qui est très visible à marée basse. Aucun bateau ne peut longer la structure sans risquer de rester pris.
De moins en moins de pêcheurs utilisent le quai de Cap-Egmont comme port d’attache, et ils pêchent surtout le homard. C’est durant la saison du hareng, où il pourrait y avoir plus de 30 bateaux, que les problèmes deviennent les plus apparents.
Bas de photo : Blair Clements, qui pêche à Howards Cove, a débarqué la semaine passée d’importants chargements de harengs, à Cap-Egmont. |